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La mobilità sociale nel medioevo
Sempre di più le nostre società sperimentano un blocco, persino drammatico, dei canali e delle speranze di mobilità. Tanto più allo storico il problema dei successi e dei fallimenti nelle ascese sociali appare un mezzo importante per capire la tonalità di un’epoca, la temperatura della sua vita sociale. La « congiuntura del 1300 » (l’argomento della inchiesta collettiva in cui questo incontro si inserisce) è stata anche una congiuntura di irrigidimento sociale? E poi, più in generale, cosa sappiamo della mobilità sociale nel medioevo? Il volume mostra quanto sia complesso rispondere a questi interrogativi. Il problema della mobilità sociale è rimasto quasi sempre ai margini della ricerca sul medioevo. I contributi rappresentano un primo, importante momento di riflessione sui caratteri e il ritmo del ricambio sociale nel XIII-XIV secolo, e più in generale in età medievale. Elaborano e applicano, talora per la prima volta, metodi d’indagine e tecniche di ricerca per colmare il grave ritardo degli studi. Constatano come le nuove concezioni dello spazio e del movimento sociale sviluppate nell’ultimo trentennio da antropologi e sociologi obblighino a moltiplicare i campi di analisi e rendano complesso collegare la mobilità sociale alla congiuntura economica. Per la « congiuntura del 1300 », l’analisi della mobilità sociale sembra suggerire un andamento economico dove, piuttosto che una netta inversione del trend di crescita, si osservano difficoltà settoriali, connotate dalla ricerca di nuovi equilibri. Soprattutto, si percepisce un cambiamento nei caratteri dell’espansione, un suo stabilizzarsi su ritmi più lenti e regolari, con minore spazio per quelle periodiche e forti accelerazioni che, nei due secoli precedenti, tanto avevano dato impulso alla mobilità sociale.
Mélanges de l'École française de Rome. Moyen Âge 121/2 (2009)
AA VV
« À l’École de toute l’Italie » : pour une histoire de l’École française de Rome
Il n’existe pas à ce jour d’histoire de l’École française de Rome, institution fondée par la IIIe République entre 1873 et 1875 et qui, installée au Palais Farnèse et sur la Piazza Navona, a pour mission la recherche et la formation à la recherche dans le domaine des sciences humaines et sociales (histoire, archéologie, sciences sociales). Le présent volume donne une importante contribution à cette histoire en présentant 27 textes, parfois inédits, souvent écrits ou publiés entre 1872 et 1993 dans des revues ou collections souvent confidentielles qui donnent une vision de l’École due à des acteurs de premier plan : directeurs et anciens directeurs, anciens membres, savants français ou étrangers, personnalités. Ces textes sont présentés dans des introductions et éclairés par des notes. Émerge ainsi l’évolution d’une institution, aujourd’hui établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP) sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche qui a été pensé par des hommes engagés dans le renouveau de l’Université française après la guerre de 1870 avec la volonté de faire aussi bien que les universités allemandes et de créer un grand outil pour la recherche. Le volume montre l’évolution et la pluralité des objectifs attendus : qualité de la science française, rayonnement international, interventions sur le patrimoine archéologique dans les pays d’Afrique du Nord, exploitation des archives exceptionnelles de Rome et d’Italie, plus récemment ouverture au monde contemporain. De riches annexes complètent le volume, destinées à favoriser le développement de travaux ultérieurs.

Salona. IV, Inscriptions de Salone chrétienne, IVe-VIIe siècles
Ce volume regroupe 825 inscriptions de la cité de Salone (Dalmatie), de 306 au début du VIIe siècle : 742 textes latins (45 inédits) et 83 grecs (4 inédits), présentés avec bibliographie, illustration, traduction, et commentaire détaillé. Une introduction synthétique éclaire les caractères de l’épigraphie locale, et permet de mesurer l’importance de son apport à l’Histoire. Les auteurs ont poursuivi un double but : d’une part établir un corpus reposant sur des bases solides après dépouillement exhaustif de la bibliographie et examen attentif des pierres ; d’autre part mettre à la disposition des chercheurs les plus divers une matière déjà élaborée où il leur sera aisé de puiser pour leurs propres travaux même s’ils n’ont pas une pratique particulière de l’épigraphie. Les textes réunis offrent en effet d’innombrables témoignages sur la vie d’une capitale provinciale à la charnière entre Occident et Orient : rouages administratifs, fonctionnement de l’armée, vie sociale, mentalités, culture (36 carmina), etc. Ils révèlent aussi les différentes facettes de sa christianisation : rôle des évêques, culte des martyrs, conversion des élites, construction d’églises, expression, parfois très personnelle, des sentiments et de la foi.
Jean-Claude Lacam
Variations rituelles : les pratiques religieuses en Italie centrale et méridionale au temps de la deuxième Guerre Punique
Qui se propose d’accompagner l’histoire religieuse des peuples de l’Italie centro-méridionale au temps de la Deuxième Guerre Punique doit s’affranchir de préjugés encore trop répandus, tels celui qui minore les cultes italiques et les mesure à l’aune du culte romain ou celui qui prête à ces décennies troublées une religion en « crise ». Rassemblant et croisant des données jusque-là traitées séparément, cette étude présente une vaste fresque des pratiques rituelles romaines et italiques, à un moment où bouleversements politiques et militaires rendent plus que jamais nécessaire le rempart d’une religion immuable. L’exaspération rituelle n’interdit cependant pas quelques innovations contrôlées, fruits d’une hellénisation maîtrisée, telles la monumentalisation des sanctuaires ou la théâtralisation des pratiques. L’identité religieuse de ces communautés est à chercher surtout dans le jeu contrasté de l’acculturation et de la résistance, dans l’entrelacs subtil de la romanisation et de l’italicisation. D’un peuple à l’autre se fait ainsi entendre un thème reconnaissable, fait pourtant d’infinies variations rituelles.
Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité 121/2 (2009)

Contrôle et distribution de l’eau dans le Maghreb antique et médiéval
Du sud de la Libye au Maroc nord-atlantique, de nombreux vestiges de structures liées au captage, à la circulation, à la distribution, ou encore au stockage de l’eau témoignent de la capacité d’adaptation des populations antiques et médiévales aux contraintes de leur environnement. La diversité des solutions mises en œuvre pour l’exploitation des ressources hydriques, dans cette vaste région aux conditions hydrographiques inégales mais somme toute relativement limitées, incite à une relecture des sources littéraires, épigraphiques et des données archéologiques souvent réactualisées par de récentes observations de terrain. Les communications présentées en mars 2002 lors du colloque international de Tunis n’offrent pas seulement un panorama des installations hydrauliques selon les régions. Appuyées par des analyses techniques et de nouveaux apports chronologiques, elles abordent également la question de l’origine, de l’évolution et de la transmission des savoirs faire, sans négliger les aspects de gestion et de réglementation relatives à l’utilisation des ressources en eau. Considérant les conditions topographiques, géologiques, pluviométriques, les auteurs s’interrogent sur l’alimentation en eau des cités, tout autant qu’ils attirent l’attention sur les installations rurales et agricoles et montrent à quel point la question du contrôle et de la distribution de l’eau dans le Maghreb antique et médiéval demeure un vaste champ d’étude au sein duquel les recherches systématiques méritent d’être poursuivies.
Xavier Barral i Altet
Le décor du pavement au Moyen Âge : les mosaïques de France et d’Italie
Les mosaïques de pavement sont un patrimoine important de l’art médiéval conservé surtout en France et en Italie. De Saint-Denis au Mont-Cassin, de Venise, à Pavie, Lyon ou Reims, les pavements en mosaïque, critiqués par saint Bernard pour le luxe et la vanité qu’ils véhiculaient, faisaient l’admiration des contemporains dans les églises et les palais de l’époque romane. Lorsque Baudry de Bourgueil décrit la chambre de la comtesse de Blois, Adèle, il qualifie le pavement de carte du monde et loue les artistes qui avaient réalisé des images qu’aucune poussière ne pourrait plus atteindre. À la fin du XIe siècle et dès le début du XIIe, l’art de la mosaïque de pavement s’épanouit et devient pleinement autonome. Les principales cathédrales et églises abbatiales en sont ornées. C’est une technique de décor monumental qui a ses propres lois, sa propre logique, des programmes iconographiques majestueux, adaptés au sol, en étroit contact cependant avec les autres arts. L’Ancien Testament, les vies de saints locaux et des images religieuses voisinent avec l’univers profane des romans bretons, des animaux et des monstres ; un contexte littéraire fait de fascination pour le lointain et un merveilleux fait de géographie et de cosmographie. La vie quotidienne et les anecdotes ponctuelles complètent les références à la mythologie et à l’histoire. Avec un chromatisme limité mis au service d’un style surprenant de vie, de mouvement et d’invention qui dénote curiosité, la mosaïque de pavement romane prend une place majeure au sein de l’art du XIIe siècle. Les plus grands commanditaires ecclésiastiques, évêques ou abbés, chargent des équipes spécialisées de la pose de pavements destinés à enrichir le sol des églises. Travail collectif sous la direction d’un maître mosaïste qui planifie et surveille, la mosaïque de pavement a des contraintes techniques propres. Comme un tapis de sol pour l’éternité elle offre aux yeux des passants des images destinées à être piétinées. Les mosaïques de pavement, aux couleurs chatoyantes, témoignent de la richesse des sanctuaires médiévaux dont on admire aujourd’hui la sobriété et la nudité, mais que les contemporains voulaient éclatants de lumière. Cet ouvrage, au delà des études monographiques sur la totalité des exemples connus, constitue la première synthèse sur la question et fait revivre un chapitre de l’art médiéval, une technique prestigieuse presque oubliée, qui était au Moyen Âge parmi les plus réputées et recherchées.
Henri Broise, Vincent Jolivet
(et al.)
Pincio. I, La Villa Médicis et le couvent de la Trinité-des-Monts à Rome : réinvestir un site antique
Au sommet du Pincio, dans les jardins du couvent de la Trinité-des-Monts et de la Villa Médicis, les fouilles archéologiques programmées et préventives conduites entre 1981 et 2005 par l’École française de Rome, en collaboration avec la Soprintendenza Speciale per i Beni Archeologici di Roma, ont révélé, pour la première fois, l’extraordinaire richesse patrimoniale de cet important secteur de la ville. Les contributions rassemblées dans ce premier volume mettent en évidence le caractère diachronique de ce chantier, dont l’une des richesses est sa position à la charnière entre monde antique et monde moderne ; la structuration de l’espace à deux moments-clefs de la croissance de la Ville – l’Antiquité et la Renaissance – par de grands domaines appelés à devenir des lieux de pouvoir stratégiques ; la réappropriation de l’Antique non seulement par la réutilisation concrète de ses ruines, mais aussi par la revendication symbolique de figures tutélaires susceptibles d’asseoir le pouvoir des nouvelles élites installées sur la colline. Entrelaçant topographie, architecture, culture matérielle, histoire, ces pages cherchent à rendre compte de la complexité et de la richesse de ces liens, et du relief singulier que prennent ces différents témoignages une fois replacés dans une perspective historique plus large, qui embrasse toute l’histoire du site jusqu’à nos jours.
Annick Peters-Custot
Les Grecs de l’Italie méridionale post-byzantine (IXe-XIVe siècle) : une acculturation en douceur
L’Italie méridionale occupe, avec sa voisine la Sicile, une place particulière dans l’histoire de la Méditerranée et de l’Occident au Moyen Âge, parce qu’elle a hébergé des dominations et des populations de langue, de religion, de droit et de culture très divers qui y ont laissé des traces sensibles jusqu’à nos jours. Elle représente, de ce fait, un des creusets majeurs de l’espace méditerranéen où l’Orient et l’Occident sont en contact constant. L'Italie du sud est une mosaïque complexe de groupes culturels inscrits dans des territoires assez cloisonnés. C'est ainsi que la présence byzantine et l’immigration de populations grecques venues de Sicile ont imposé, dès le IXe siècle, un hellénisme solidement ancré au sein de communautés homogènes, et qui pourtant va s'affaiblissant au cours du Moyen Âge. Des lectures historiques fort répandues veulent voir, dans la domination normande, puis souabe sur l'Italie méridionale entre le XIe et le XIIIe siècle, un moment de latinisation et de « recatholicisation » forcées, voire brutales, des populations italo-grecques qui y ont perdu la culture, la langue, le droit, le rite religieux qui leur venaient de Byzance. Cet ouvrage reprend la question de l’acculturation des Italo-Grecs en combinant approche anthropologique et méthode historique. Il montre en particulier ce qu’est, pour les souverains de Sicile, l’altérité italo-grecque : une différence qui est en soi indifférente, mais qui peut être prise soit comme un levier politique, soit comme un obstacle à la normalisation de l'État. L'instrumentalisation politique du culturel apparaît comme un élément clef de cette construction étatique originale qu'est le Regnum Siciliae. De son côté, la papauté manifeste avec les Grecs d'Italie, de rite oriental et intégrés dans le giron romain à la fin du XIe siècle – où ils constituent une magnifique vitrine pontificale mise au service des tentatives d'Union des Églises – sa conception de l'altérité dans le christianisme. On en retiendra un aperçu des complexes conceptions médiévales de l’identité culturelle, ainsi que l'inopportunité de certains de nos modèles et modes de pensée appliqués au Moyen Âge.
Louis Duchesne
Correspondance avec Madame Bulteau (1902-1922)
Mgr Louis Duchesne (1843-1922), directeur de l’École française de Rome de 1895 à 1922 et historien reconnu pour ses travaux sur le premier millénaire chrétien, fut membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres et de l’Académie française. Sa rencontre avec Léontine Bulteau, femme indépendante et journaliste, lors d’un séjour à Rome à la fin de 1902, fut l’occasion d’une relation exceptionnelle entre deux êtres que rien ne semblait devoir rapprocher. Cette amitié donna lieu à une correspondance suivie, pendant vingt ans, dont n’ont subsisté que les lettres de Duchesne, celles de Mme Bulteau ayant été détruites. Malgré l’éloignement, Mme Bulteau devient très rapidement la confidente privilégiée de Duchesne qui a constamment besoin de ses conseils et de son soutien qu’elle lui apportera notamment lors de sa candidature à l’Académie française et de la mise à l’Index de son Histoire ancienne de l’Église. Écrites dans un style alerte, souvent plein d’humour, ces lettres apportent un témoignage précieux sur la vie quotidienne à Rome à cette époque, au palais Farnèse et dans les salons, comme dans les milieux politiques et religieux, à l’heure de la rupture des relations diplomatiques de la France avec le Saint-Siège et de la Première Guerre mondiale.

Les frontières du profane dans l’Antiquité tardive
Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité 121/1 (2009)
Mélanges de l'École française de Rome. Italie et Méditerranée 121/2 (2009)
Mélanges de l'École française de Rome. Moyen Âge 121/1 (2009)